D’où vient l’Étiopathie ?

C’est après qu’il eut pris conscience de l’existence et de l’efficacité du reboutement, que Christian Trédaniel se consacra à une recherche épistémologique visant à établir les bases et la méthode qui manquaient à la chirurgie non instrumentale. Nous étions en 1960. En 1963, le principal du travail étant accompli, il créa le terme « Étiopathie » pour désigner la méthode qu’il venait de créer.

La chirurgie non-instrumentale est née avec l’humanité. C’est la première technique de soin employée. Au début, par simple réflexe, la main se porta au niveau de la douleur. Plus tard, au fil de l’évolution et des apports empiriques, le geste devint de plus en plus adapté. Il fut enfin accompli par une tierce personne : ce fut le premier acte thérapeutique, un acte chirurgical. Ce qui devint ainsi une technique de soins se trouve répondre à un besoin et à une raison thérapeutique de premier ordre. Le besoin s’établit par le constat d’efficacité : une remise en ordre de la structure amenant à la normalisation de ses fonctions et la cessation des phénomènes pathologiques. Tout cela s’appuie sur une logique et un empirisme simples qui imposent naturellement et universellement ce moyen thérapeutique comme indispensable.

C’est ainsi que l’on retrouve les mêmes gestes de réduction chez les anciens Grecs, les Egyptiens ou les Chinois, dans les sociétés évoluées comme chez les peuplades primitives. Cette nécessité et cette universalité auraient dû permettre l’évolution de la chirurgie non-instrumentale. Il n’en fut rien. Dès qu’une nécessité métaphysique apparut, au fur et à mesure de l’évolution des possibilités de conceptualisation, c’est la médecine magique qui s’imposa, rejetant dans l’ombre l’acte positif et compréhensible. Cette tendance se précisa dès Pythagore qui lia à la médecine la science des nombres, ce qui eut pour effet d’accentuer les comportements magiques et divinatoires jusqu’à leur apogée à Rome et jusqu’au moyen âge.

C’est ainsi que l’art de la normalisation structurale, thérapeutique très ancienne et très performante, resta dans l’ombre et ne doit sa survie qu’à la tradition orale qui assura jusqu’à l’époque moderne la transmission de ce qui devint le reboutement. C’est seulement vers le milieu du 19e siècle que Thure Brandt, un maître rebouteur suédois, le fit sortir de l’ombre en publiant son Traitement des maladies des femmes. En 1960, aucune méthode scientifique susceptible de servir de base au développement de la chirurgie non-instrumentale n’avait encore été proposée. C’est à cette tâche que se consacra Christian Trédaniel. C’est cette recherche épistémologique qui aboutit à la création de l’Étiopathie.

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Stèle Asklepios 2
Stèle d’Asklèpios et de sa fille Hygie

Cette stèle date de l’époque pré-pythagoricienne. C’est la plus ancienne qui ait été découverte. Asklèpios intervient manuellement au niveau de la région dorsale haute d’une patiente. Sa fille, Hygie, est derrière lui.
L’étiopathie a adopté cette représentation comme symbole de sa méthode, confirmant que l’acte de chirurgie non-instrumentale dans l’art de soigner remonte à une époque très ancienne.
C’est à l’époque de Pythagore que le symbole du caducée – ou serpent – devient l’emblème de la médecine dite magique.